Chapitre 1 : Une rencontre publié le 18 août 2017

Aux services du vieux pervers - Une rencontre

 

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C'est le premier jour de l'été et aujourd'hui, Karine a envie d'être sexy. Âgée de 21 ans elle bosse comme serveuse pour payer ses études de droit. D'extra en extra elle arrive jusqu'à présent à s'en sortir. Mais les fins de mois sont toujours difficiles.

Elle aimerait tant être comme Ludivine. Elle, elle ne bosse pas, pas besoin c'est papa et maman qui paient ses études, son appart' ... Bref pour elle c'est fiesta tous les soirs.

Parfois Karine l'envie.

Il faut dire que Ludivine à tout pour elle, grande blonde aux yeux bleus. Elle est toujours sexy, elle attire tous les regards. A côté, Karine du haut de son petit mètre cinquante et malgré ses beaux yeux verts n'attire pas vraiment les hommes.

 

*

 

Mais aujourd'hui, c'est décidé il en sera tout autrement ...

Devant son miroir Karine essaie sa troisième tenue. L'heure du départ approche, il est bientôt 10 heures.

- Plus qu'une heure vite ! J'vais encore être à la bourre et cette fois-ci c'est sûr Cyrille ne va pas laisser passer. Bon c'est bon j'vais mettre ce pantalon noir légèrement moulant et ce chemisier. Pour les dessous ceux-ci me semble pas trop mal. Et bon sous le chemisier on ne voit pas que le soutien-gorge est ouvert et ça redresse bien mes seins ... Allez c'est good !!

Mes clefs !!! pff où elles sont encore passées, sous le canapé, rien, sur le bureau que dalle ... au pis merde, tant pis j'ai pas l'temps si j'me presse assez dans 10 minutes j'suis au boulot allez zou !!

 

Karine quitte son appart' en urgence, elle ne ferme pas à clef, tant pis, pas le temps et le digicode du bas montrera enfin son utilité.

 

*

 

11h15 elle arrive enfin au resto. Cyrille son responsable l'attend le regard noir, les bras croisés derrière son comptoir. Depuis que Karine bosse ici il l'a pris sous son aile. Toujours bienveillant envers elle et soyons honnête si elle n'a pas été virée c'est bien grâce à lui.

Pour autant il la taquine régulièrement sur sa ponctualité.

Du regard il lui indique le rang qu'elle aura à gérer aujourd'hui et sans attendre Karine se jette dans la bataille. Verres, assiettes, serviettes, menus elle dresse ses tables aussi rapidement qu'un éclair strie le ciel d'une chaude nuit d'été.

 

Une fois terminée, en attendant les clients elle va voir Cyrille.

- Alors encore en retard, sérieux faudra que tu apprennes à te servir d'un réveil !

- Oui j'avoue mais j'trouvais plus mes clefs sinon franchement j'étais super à l'heure.

- Passons, aujourd'hui j't'ai mis une table de 15, c'est un anniversaire ou un départ en retraite j'sais plus et tu auras aussi les musicos qui seront installés dehors sur l'estrade.

À peine eut-il le temps de finir que Karine surprise le coupa

- Quoi y'a des musiciens qui ...

Surpris Cyrille d'un air narquois taquine la belle Karine

- C'est la fête de la musique aujourd'hui, et oui le principe est assez bizarre je te comprends, mais l'idée c'est qu'aujourd'hui la musique sort dans les rues !!

 

*

 

La journée se passe bien le premier service est terminé Cyrille et Karine en profite pour siroter sur la terrasse un p'tit cocktail sans alcool.

- Sérieux c'est d'la merde sk'ils nous jouent eux, j'connais rien du tout !!

Cyrille assis à côté en train d'apprécier la mélodie lui réponds à contrecœur

- C'est simplement pas de ton époque ... c'est sûr qu'on est très loin de Rihanna et compagnie !

- Ouais peut-être, enfin avoue que c'est plus entraînant que ce genre de musique. Sérieux j'rentre à l'intérieur j'ai plein de chose à faire !!

 

Karine rentre dans le restaurant et commence à dresser ces tables, elle prépare la grande table ronde pour les 15 personnes de ce soir. Et finit en nettoyant le bordel mis par les musiciens. Ils sont sympas mais franchement ils sont lourds avec leurs insinuations graveleuses.

 

La fin de journée se termine, Karine est épuisée. Elle appréhende un peu ce groupe de 15 personnes, c'est la première fois qu'elle doit s'occuper d'une si grande tablée et cette tenue qui laisse voir sa poitrine avec ce décolleté hyper provoquant. Franchement pas très confortable pour un service mais hyper sympa pour les pourboires.

C'est la première fois qu'elle a autant de pourboire environ 100 euros.

 

La journée poursuit son court, il est 21 heures, Karine est dans le jus, elle court de table en table, sert et dessert table après table, apporte l'addition, le menu … La fatigue la gagne quand arrive les 15 clients. 15 personnes âgées tirées à quatre épingles.

 

*

 

Pas le temps de prendre un p'tit moment pour soi Karine se précipite vers eux pour les installer. Si elle a appris quelques choses depuis qu'elle travaille ici c'est bien qu'un client choyé est un client content. Et plus il est content plus le pourboire est gros.

 

C'est avec un sourire timide que Karine aborde toutes ses tables.

- Bonjour Messieurs, bienvenu souhaitez-vous un apéritif avant de commencer ?

Ils la regardent ou plutôt la reluquent puis passent commande, de suite elle attire les regards du vieux Jeannot, un vieil homme dégarni, de belle prestance, assez grand, environ 1 mètre 75, la soixantaine passée. Autant dire que Karine ne l'a même pas remarqué d'autant que ce n'est pas lui qui parle le plus. Jean Michel à l'inverse parle beaucoup plus et n'est pas avare de compliments tout aussi graveleux que les musicos de tout à l'heure.

 

Karine ne relève pas, et s'en va servir les apéritifs. Martini pour les 15 ça va ce n'est pas compliqué à préparer.

Durant son absence les propos des 15 vieil' hommes ne tarissent pas d'éloges pour le physique de cette serveuse.

Jean Mich' comme l'appelle les autres, décides de jouer avec mais Jeannot lui indique qu'il aimerait bien s'en occuper. Chevaleresque comme toujours, Jean Mich' se retire alors. Non sans indiquer qu'elle a une sacrée paire de seins avec un petit clin d'œil adressé à l'assistance.

Dès lors chacun d'eux n'auraient qu'un but. Essayer de voir ou d'entrevoir un bout de sa poitrine. Les regards se font de plus en plus insistants à chaque fois que Karine vient à leur table.

 

Etienne connaissant les penchants de Jeannot pour le sexe hors norme s'adresse à lui.

- Sérieusement vieux Jeannot tu crois pouvoir la pervertir cette petite.

Il continue avec un sourire moqueur

- Même pas elle te remarque et méfie-toi de ne pas te faire prendre ! S'il faut elle est bien plus perverse que toi.

Jeannot moqueur ne relève pas cette dernière remarque mais indique à tous que dès ce soir elle sera sienne.

 

Le repas se termine et avant de partir Jeannot quitte ses camarades et aborde Karine

- Excusez-moi mais je me permets de vous aborder. Je crois deviner que vous êtes étudiante.

- Euh oui oui. Je bosse ici pour payer mes études justement, j'espère que vous avez été satisfait du service ?

- Oui je n'ai rien à en redire, je vous aborde juste pour vous demander si vous seriez intéressée par la photo ?

- Comment ça ?

- Et bien je suis photographe pour mon plaisir et … permettez-moi ce propos. J'aimerai capturer votre personne avec mon appareil photo. Bien sûr vous serez rémunérée.

- Euh … je ne sais pas. Non franchement j'pense pas avoir un physique aussi intéressant que ça.

Amusé par cette remarque le vieux Jeannot s'engouffre dans la brèche

- Et bien justement, acceptez ainsi vous verrez par vous-même. Peut-être que cette expérience vous donnera d'autre ambition, vous finissez à quelle heure !

- Franchement je ne sais pas et ce soir je termine à minuit ...

Ne la laissant pas terminer il coupe sa réponse sûr de lui

- Très bien, je vous attendrai à minuit ! Nous en parlerons un peu plus autour d'un verre et on avisera à ce moment-là.

À tout à l'heure Karine !

 

Sur ces propos, ne lui laissant pas le temps de répondre, il s'éloigne et sort du restaurant.

Karine ne comprend pas ce qui vient de se passer. Elle reste un moment, là, les yeux ronds. Mais pas le temps d'analyser elle a du boulot.

 

*

 

Le restaurant ferme ses portes. Il est temps pour Karine de compter ses pourboires. Cyrille, lui, compte la caisse.

220 euros de pourboires, Karine est contente elle pourra rembourser Ludivine. C'est la première fois qu'elle fait autant de pourboires.

Content d'elle, elle ne peut s'empêcher d'afficher un p'tit sourire en pensant " S'il faut s'habiller ainsi pour faire autant de pourboires, la semaine prochaine je ferai de même !! "

 

Elle embrasse Cyrille et quitte le restaurant puis se bloque devant la porte scrutant le parking des employés

- Merde j'suis venu à pied faut que je rentre à pied !

Elle a à peine le temps de finir cette remarque, avant même de retourner dans le restaurant pour demander à Cyrille s'il peut la raccompagner, que le vieux Jeannot sort de sa voiture. Une Audi noire toute neuve. Il vient à sa rencontre.

- Vous êtes ponctuelle mademoiselle. Alors vous êtes prête. J'ai pensé que nous pourrions allez prendre un dernier verre, nous pourrons parler de ma proposition.

- Euh… ah oui, euh… et bien pourquoi pas, le café du coin n'est pas encre fermé.

Un peu hésitante, surprise de le voir là, elle se demande s'il l'avait attendu toute la soirée ou s'il était revenu.

 

*

 

Ils se rendent en silence dans ce petit café, prennent une table dans un coin, à côté du comptoir. Le café est presque vide, seul deux " piliers de comptoir " restent là, à parler avec le garçon de café.

- Que prenez-vous ma p'tite dame ?

- Un demi-fraise s'il vous plait.

- Et vous m'sieur ?

Le serveur lance à Jeannot un regard désapprobateur : " que fais-tu avec cette jeune femme vieux pervers !! "

Jeannot n'y prête aucune attention et lui répond avec mépris

- Un café, merci !

Sans perdre de temps Jeannot reparle de sa proposition. Il le sait, faire attendre une dame n'est pas bon ... et puis il n'aime pas attendre.

- Alors Karine, as-tu réfléchis à ma proposition ?

- Euh … excusez-moi, mais vous connaissez mon prénom, vous savez que je suis étudiante alors que moi je ne sais rien de vous. Comment connaissez-vous mon prénom ?

- Il était indiqué sur le badge que tu arborais sur ton chemisier.

Il a brisé la distance du vouvoiement, le vieux bougre est un habitué, Karine ne sait pas encore que cet homme d'allure mondaine et un véritable vieux pervers.

- Ah oui, suis-je bête, et vous alors, comment vous appelez-vous ?

- Jeannot, pour vous servir, j'ai 63 ans, et j'adore la photographie, c'est un passe-temps que j'affectionne, et j'adorerai vous prendre en photo.

- Vous m'aviez parlé de rémunération, mais vous êtes photographe ?

- Oui, amateur. Les photos sont pour moi et ça ne me gêne pas, en effet, de vous rémunérer.

Surprise, Karine ne peut s'empêcher d'afficher son incompréhension

- Pour faire simple, Karine, j'aime la photo et quand je t'ai vu j'ai eu envie de te prendre en photo. Sachant que tu es étudiante, j'aimerai réellement que tu deviennes mon modèle photo en contrepartie je te paierai. Tu gagnes combien en tant que serveuse ?

Un peu gênée par cette dernière question, elle hésite un instant

- Euh ... environ 800 euros plus les pourboires.

- Très bien, et bien moi je te propose de te payer à la séance. Entre 50 et 125 euros par heure, selon le type de photos.

- Comment ça selon le type de photos ?

- Et bien Karine c'est simple, plus les photos sont soft moins je te rémunère, plus elles sont " coquines " plus tu seras rémunérée.

- Ah oui je vois ...

Là encore Jeannot ne la laisse pas terminer, il sait comme se termine ses débuts de phrases

- Écoutes, plutôt que de parler pendant des heures et de risquer de passer à tes yeux pour un vieux pervers, je pense qu'il serait mieux de voir comment ça se passe.

Jeannot se lève, sort de sa poche un billet de 20 euros, le jette sur la table et lui tend la main. Karine hésite un instant, puis prend sa main et se lève à son tour.

 

*

 

Dans l'Audi noire Jeannot indique la banquette arrière, dessus gis deux grosses sacoches Canon, un trépied et une grosse valise.

- J'ai apporté un peu de matos, j'pense que comme ça tu auras un aperçu de ce que je te propose.

- Mais où va-t-on ?

- Ne t'inquiète pas, nous allons là où j'ai installé mon petit studio, ce n'est pas loin du tout.

Karine ne répond pas et se contente de regarder la route, bizarrement elle n'a pas d’appréhension, elle se sent bien avec lui ...

 

Quelques minutes de voiture et les voici arrivé devant un parking, Jeannot fouille dans sa poche et en sort une petite télécommande, la porte s'ouvre.

La voiture s'engouffre dans le parking sous-terrain puis s'immobilise tout au fond devant une porte de garage.

- Voilà nous y sommes, descends je vais te montrer.

 

Là depuis 10 minutes Karine scrute l'intérieur du garage. Elle était sortie 1 an avec un mec très pervers, mais là, c'est plus qu'elle n'a jamais vu.

Des tenues de cuir, des sextoys entreposés dans leurs boites sur une étagère, un grand lit tout au fond de ce garage immense, il doit prendre 3 ou 4 garages certainement ceux d'à côtés.

Des baillons, et surtout ces murs, ils sont recouverts d'une sorte de mousse noir, des lumières tamisées éclairent les lieux.

 

Elle se prend à trouver du charme à ses lieux puis finit par se retourner vers Jeannot.

- C'est donc là que tout se passera ?

- Oui pour partie, après il se peut qu'on fasse des photos ailleurs, dehors ou en d'autres lieux.

- De l'exhibition ?

- Tu aimes ?

- Euh je ne sais pas, je n'ai jamais fait ce genre de chose.

- Je suis sûr que tu aimerais. Veux-tu que nous prenions là, quelques photos ?

En disant ces mots Jeannot espère qu'elle dira oui, il sent sa queue se raidir dans son pantalon. Il a envie de la baiser et s'efforce d'oublier cette dernière pensée depuis le moment où il l'a vu dans ce restaurant.

- Là je suis un peu fatiguée, mais promis j'y réfléchis et je vous donne réponse dans la semaine.

- D'accord, je vous ramène chez vous.

- Merci.

 

Sur ces mots il referme son antre un peu déçu mais Jeannot sait qu'elle doit réfléchir.

L'habitacle de la voiture alterne entre pénombre et lueur vive des lampadaire, Karine regarde au loin son esprit tourné vers cette proposition. Pourquoi elle ? Que veut-il ? Est-ce que j'aimerai ?

Tant de questions qui ne la quittent pas.

 

Ils arrivent enfin devant chez Karine, le GPS de Jeannot à encore parfaitement rempli son rôle.

- Tiens, c'est ma carte appelle-moi sans faute et si tu as des questions n'hésites pas.

- Oui, je n'y manquerai pas, merci.

 

Karine sort de la voiture, lance un p'tit coucou à Jeannot puis s'engouffre dans l'entrée.

Dans l'ascenseur cette proposition ne la quitte pas, cette nuit elle fermera les yeux en y repensant encore et encore ...

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