Interview de Clarisse Calliopé – blogueuse et soumise atypique

Interview de Clarisse Calliopé – blogueuse et soumise atypique

Temps de lecture ≈ 19 min.

Nous fantasmons souvent la soumission sans forcément connaître ses règles ou ses us et coutumes. Interrogés ou simplement curieux, la soumission ne nous laisse pas indifférent. Clarisse Calliopé, sur son blog et au travers de ses écrits, nous fait découvrir cet univers et répond à nos questions.

Curieuse, je l’ai contacté depuis son compte Twitter en lui proposant cette interview qui, je l’espère vous plaira.

 

Allez, bonne lecture mes Brigands 😉

Peux-tu te présenter brièvement ?

Avec grand plaisir !

Je m’appelle Clarisse Calliopé et je suis une jeune femme de 24 ans. Je suis plutôt atypique : ronde, bisexuelle qui ne vis ma sexualité qu’au travers du BDSM.

J’ai eu un Maître, un seul, pendant deux très belles années. Nous nous sommes séparés il y a de cela environs 8 mois.

Ce « Maître » était-il aussi ton homme ?

Lorsque j’étais avec lui, mon Maître, nous n’étions pas réellement un couple, nous étions Maître et soumise, voilà tout. Aux yeux du monde public et de nos deux sphères d’entourage, nous étions deux inconnus l’un pour l’autre.

J’aimais vivre à la fois ce total aparté, cette relation parfaitement secrète dont personne n’avait idée, et, à côté de ça, la partager anonymement sur la toile d’internet, et par extension au monde entier.

Nous n’avons jamais été un couple lui et moi, car cela n’a jamais été notre désir. Je l’ai recherché pour qu’il soit mon Maître, un rôle qu’il a tenu brillamment d’ailleurs. Je n’avais pas le besoin d’en obtenir d’avantages de lui, je ne souhaitais pas devenir sa conjointe, ni envahir sa vie personnelle, et réciproquement, lui ne souhaitais rien de plus que notre relation purement BDSM.

Quand as-tu découvert la soumission et qu’en as-tu pensé ?

Je crois que j’ai découvert la soumission dès mes premiers émois sexuels. J’ai toujours aimé me faire rabaisser, humilier, et utiliser comme un objet sexuel. Étant une femme, j’ai toujours eu cet avantage de la nature qui m’a permis d’être soumise dès le départ (Disons que pour un homme c’est toujours plus complexe d’avoir les faveurs d’une femme en matière de sexe, moi j’ai eu l’embarras du choix en matière de profils masculins).

Simplement, c’était un non-dit, j’aimais les grands hommes qui me faisaient peur, ça m’excitais énormément. Les garçons avec qui je sortais étaient de vraies armoires avec des mains énormes. Car j’ai toujours fantasmé sur les mains. Mon grand projet de vie, c’était de devenir une femme aux foyer et d’avoir un homme bienveillant mais sévère, brutal avec moi et d’avoir beaucoup d’enfant et patati …

C’est assez trash vu de l’extérieur et totalement antiféministe, je le conçois, mais c’était mon rêve à moi, mes envies. Celle d’être une femme abusée et soumise.

J’ai mis du temps à comprendre que l’on pouvait maltraiter avec bienveillance, jusqu’au jour où j’ai rencontré mon Maître.

Car toute mon adolescence, j’ai refoulé un sacré paquet de choses sexuellement, par peur d’être incomprise, par peur d’être moquée. Puis j’ai découvert ce monde qu’on appelle le BDSM. Je savais désormais que mon vice n’était pas un travers et que beaucoup avaient les mêmes désirs que moi. J’étais sauvée.

Dès lors internet m’a beaucoup aidé, j’ai fouillé sur le net, et un beau jour, j’ai commencé à chercher … chercher quelqu’un qui serait celui qui m’ouvrirai toutes les portes…

Et je l’ai trouvé !

Tu es l’auteure du site soumise-blog.com, peux-tu nous en parler un peu ?

A la naissance de ma relation avec mon Maître, il a très vite vu mon potentiel d’écriture, il m’a donc très rapidement encouragé à écrire, d’abord pour lui puis pour les autres. C’est là que naquit mon premier blog, très rudimentaire : masoumission-wordpress.com.

Et avec le temps et l’affluence des lecteurs, mon plaisir était tel que j’ai décidé de continuer, et j’ai vu plus grand. Je me suis familiarisée avec le monde des blogs plus sophistiqués, du HTML, etc … et j’ai continué à écrire, sans relâche, encore et encore, de plus en plus. C’était vraiment merveilleux pour moi, j’étais comblée de partout, j’étais heureuse de tenir ce blog et vraiment très fière de ma création.

Mon blog, aujourd’hui, compte beaucoup pour moi.

Qu’est-ce qui t’a et te motive encore à exposer ta vie D/S ?

Je crois que malgré des lacunes incroyables en orthographe et mon manque manifeste de lectures, je nourris une sorte de passion dévorante pour l’écriture, l’art de manipuler les mots et de réussir à transmettre grâce à eux des émotions qui me sont chères, celles qui touche à ma sexualité.

Lorsque nous nous sommes séparés avec mon Maître, j’aurais pu tout quitter et tout envoyer aux oubliettes, mais c’était inconcevable pour moi, vraiment. Je tiens trop à notre histoire, à ce que j’ai vécu et à ce que j’ai écrit à ce sujet que je ne pourrais pas m’arrêter d’écrire.

J’expose cependant beaucoup moins ma vie aujourd’hui qu’hier, puisque je suis seule pour l’instant. Mais j’attends que l’inspiration revienne petit à petit dans ma vie.

Penses-tu que le SM s’adresse à tous ? Que conseilles-tu pour découvrir ce milieu ?

Je ne crois pas que le SM puisse s’adresser à tous, enfin, c’est un peu plus subtil. Il y a le SM divertissement, qui là, s’adresse à tous. Puis, en mon sens, il y a le SM génétique, celui que l’on porte en nous en permanence, et que l’on vivra toute notre vie à une plus ou moins forte dose.

Et là cela ne s’adresse plus à tous, seulement à ceux qui le ressentent viscéralement et qui le vive du matin au soir, ça vibre en eux et c’est impossible de faire sans.

Pour ceux qui souhaitent se révéler, car ils se sentent SM depuis des années sans avoir réussi à franchir le pas, je crois qu’ils peuvent se joindre à des Munch proches de leurs villes. Ce sont des rendez-vous d’adeptes très sympathique et sans jugement, l’objectif, c’est d’apprendre à se connaître autour d’un repas.

Ou pour les plus timides, commencer par rejoindre la communauté « fetlife » sur internet. Une sorte de réseau social spécialement dédié au BDSM.
Dans tous les cas, je les encourage à aller au bout de leurs envies, de leurs désirs plutôt que de refouler ses pulsions par crainte.

Pour ce qui est des curieux qui sont plutôt dans l’optique de pimenter leurs vies sexuelles ou de couple, il existe de superbes tutoriels sur YouTube qu’une amie de la blogosphère que j’aime beaucoup à confectionné autour de sujets tels que « BDSM : 5 choses à savoir sur cette pratique » ou encore « 5 accessoires pour commencer le BDSM ». Je la remercie d’ailleurs pour cette très belle « vulgarisation » du BDSM que beaucoup d’adeptes déplorent, mais que moi, j’encourage fortement ! Merci Lilou !

La soumission est-elle devenue un besoin pour toi ?

La soumission, c’est fondamental pour moi. Sauf que depuis que je suis seule, je ressens un manque immense qui s’agrandit de jour en jour et de façon exponentielle. Je m’applique pour l’heure à essayer de rencontrer quelqu’un qui me corresponde pour tenter de renouer avec tout ça petit à petit.

Énorme chantier. Ma soumission est un « lifestyle », c’est en partie ce qui me caractérise.

Comment vis-tu ta condition de soumise ?

Pour l’instant, c’est le calme plat. Je n’ai plus de Maître, je ne suis donc plus soumise.

Sinon dans le BDSM, je trace mon petit bout de chemin, j’ai quelques amis et complices dans ce domaine auquel je tiens énormément et avec qui je me reconstruis. Ils se comptent sur les doigts de la main …

Te souviens-tu de ton initiation à la soumission ? Peux-tu nous raconter.

La première fois que je rencontrais mon Maître, nous avions rendez-vous à l’hôtel. Et c’était réellement exceptionnel.

Je pense qu’il m’avait psychologiquement bien travaillé en amont et aussi parce que j’étais sous le charme de cet homme, il était gentleman et il avait réussi là où tous avaient échoué avant lui. Les choses étaient si évidentes. J’avais hâte de le rencontrer pour me soumettre à lui.

J’étais brûlante à point !

Il m’a fait l’attendre les yeux bandés devant la porte de sa chambre d’hôtel, puis, il m’a fait entrer, il m’a parcouru d’abord du regard puis avec ses mains avant de prendre réellement possession de mon corps.

C’était un moment magique que je n’oublierai jamais …

Peux-tu partager avec nous ton expérience en tant que soumise, la plus marquante ?

L’expérience la plus marquante pour moi a été celle du jour où il m’a remis mon collier.

Contrairement à ce que beaucoup d’adepte se le représente, de cérémonie, de gala majestueux, nous, nous étions dans un coin de nature, j’étais totalement nue et le vent chaud soufflait sur moi.
Il m’a demandé de fermer les yeux et il me dit : » » j’ai une surprise pour toi », là, j’entendais le cliquetis du métal et l’odeur du cuir remplir mes narines.

Un moment hors du temps que je n’oublierais jamais …

Et peux-tu partager avec nous la pire expérience de soumission que tu as vécue ?

La pire … je ne sais pas trop !
Il m’en est arrivé des soucis, des déboires, mais aucun qui ne soit particulièrement marquant.

Dans le BDSM, sauf quelques adeptes allumés ou déplacés qui m’ont fait mordre la poussière virtuellement, je n’ai jamais eu de soucis.

Pour terminer, tu as le dernier mot pour la fin. Un petit mot pour mes lecteurs.

Je leur souhaite un épanouissement aussi total que celui que j’ai pu vivre moi-même dans le BDSM, avec la promesse que jamais ma plume ne cessera d’écrire à l’avenir. Tant que j’en aurai la capacité intellectuelle et physique, j’aurais toujours grand plaisir à écrire et à partager cette petite intimité de ma vie avec eux.

Voilà mes Brigands, j’espère que cette interview vous aura donné envie, si ce n’est déjà le cas, de découvrir Clarisse Calliopé. Je vous invite vivement à la suivre sur Twitter ou FaceBook.

 

 

Et n’hésitez pas à laisser un petit commentaire ou à noter cette interview

Gros bisous

K.

Au sujet de l'autrice

Kmille

Présente sur internet depuis 4 ans grâce à ce blog, j’ai ressenti à 33 ans le besoin de me mettre en danger en me lançant le défi d’écrire plus régulièrement. En complément de mes tests de sextoys ou de tenues et mes conseils sexo, l’évidence de proposer moult histoires érotiques, de récits coquins ou de créer un roman pervers s’est imposée à moi. Le partager avec vous constitue une grande partie du plaisir que j’ai à le produire.

6 commentaires

  1. Voila un monde que je ne connais pas du tout.
     
    Merci Clarisse et toi Kmille pour cette interview pleine de sincérité qui donne envie d’en savoir plus.
     
    Biz à vous deux

    Réponse
    • Merci beaucoup @jy781 ! J’ai pris beaucoup de plaisir à répondre aux questions de Kmille !

  2. lempereurdu13

    Bravo Clarisse et merci Kmille.
    Une très belle entrevue de vulgarisation ( même si ce mot est assez laid ! ) que j’ai dévoré 😆
    Clarisse a le sens de la formule, c’est un plaisir à lire.
     
    Je suis assez d’accord qu’il faut plus s’autoriser d’accepter ce qui, de prime abord, est considéré comme un  » travers  » … Comme le dit Clarisse, le plus difficile est souvent la mise en application !
    Trouver la ou les bonnes personnes, s’accepter, s’y adonner, s’abandonner mais ne s’obliger à rien.
    Difficile et fascinant à la fois de trouver la bonne formule de la chimie des corps et du mental 🙂
     
    Je vais me répéter … Si cet article peut aider des personnes qui se posent des questions, participer à la lutte contre leur mal être et si cela peut ouvrir votre esprit sur des pratiques dites marginales, alors je pense que ces quelques lignes auront la portée qu’elles méritent 😆
    Bises à toutes les deux.

    Réponse
    • Bonjour et merci beaucoup pour ce commentaire plein d’encouragements !
       
      Effectivement, aider à comprendre, à désacraliser et à rendre accessible le BDSM à ceux qui en ont vraiment un désir, un besoin, une nécessité est l’une de mes plus grande priorité.
      Beaucoup trop de personnes souffrent de leurs sexualité qu’ils complexent à cause du regard des autres, du jugement ambiant, de la norme social. Je me suis libérée de tout ça et aujourd’hui, c’est un cri du cœur que je lance à chacun de mes articles !
       
      Au plaisir de vous rencontrer sur mon blog 😉

  3. Merci pour ce témoignage Clarisse, c’est particulièrement intéressant d’avoir la vision d’une personne ayant adopté ce style de vie.
     
    En effet il y a une sorte de démystification tant ce que tu dis semble simple.
    C’est un monde qui fait peur et ce qui est paradoxal à mon sens c’est le profond respect qui existe entre un maître et sa soumise, ce que peu de gens comprenne.
     
    Pour notre part c’est un monde qui nous attire un peu, un jour nous tomberons peut être sur les bonnes personnes pour nous faire découvrir ces nouvelles sensations …
    En attendant c’est avec plaisir que nous allons naviguer sur ton site 🙂

    Réponse
  4. Merci à toute les deux pour cet interview très intéressante, qui permet de mieux comprendre ce milieu.
    Bisous à toute les deux.

    Réponse

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