Aux services du vieux pervers, Chapitre 1 : Une rencontre

Aux services du vieux pervers, Chapitre 1 : Une rencontre

Temps de lecture ≈ 17 min.

Aux services du vieux pervers – Une rencontre

 

***

C’est le premier jour de l’été aujourd’hui et Karine a envie d’être sexy. A 21 ans, elle bosse comme serveuse pour payer ses études de droit. D’extras en extras, elle arrive jusqu’à présent à s’en sortir. Mais malgré l’aide régulière de Ludivine, sa coloc’, ses fins de mois sont toujours difficiles …

 

Ludivine, elle, ne bosse pas, pas besoin puisque c’est papa et maman qui paient les factures … L’appart’ ? Il leur appartient, bref, pour elle s’est fiesta tous les soirs. Parfois Karine l’envie …

 

Il faut dire que Ludivine à tout pour elle, grande blonde aux yeux bleus, elle est toujours sexy et attire tous les regards. Karine en comparaison, du haut de son petit mètre cinquante-deux et malgré ses beaux yeux verts, n’attire pas vraiment les hommes.

Mais aujourd’hui c’est décidé, il en sera tout autrement …

 

Devant son miroir elle essaie sa troisième tenue, l’heure du départ approche, il est bientôt 10 heures.

— Plus qu’une heure, vite ! J’vais encore être à la bourre !!!

Elle a toujours eu du mal avec les horaires, et régulièrement elle arrive en retard à ses rendez-vous.

— Cette fois, c’est sûr, Cyrille ne va pas laisser passer.

Régulièrement, Cyrille, son responsable, lui passe ses retards de quelques minutes …

 

— Bon, c’est bon, j’vais mettre ce pantalon noir même s’il me moule un peu et cette chemise.

Cette chemise, un peu étriquée, grossit outrageusement la poitrine de Karine. Son 95C, redressé par ce soutien-gorge ouvert, offre un décolleté dans lequel nombre d’hommes aimeraient y plonger, s’y noyer. Mais comme d’habitude, la belle ne se rend pas compte de son charme, de sa beauté …

 

Enfin prête, il est temps de partir, elle chausse ses Louboutin « Very Lace Rete » que Ludivine, sa Lulu, lui avait offert pour son anniversaire.

 

— Merde, où sont mes clefs ! Oh putain … c’est pas vrai !!!

Maugréant sur sa mémoire de Dory, elle se lance à leur recherche : sous le canapé, rien … sur le bureau, que dalle … elle retire les coussins du canapé, rien non plus.

— Et pis merde, tant pis, j’ai pas l’temps pour ces conneries !

Karine quitte l’appartement à la hâte, claque la porte et dévale les escaliers quatre à quatre. Elle croise madame Capitaõ, la concierge.

« Cuidado Karine, tu vas te casser le caou », dit-elle à Karine dans son accent Portugais.

— Bonjour M’dame Capitaõ !

 

Karine pousse la porte d’entrée qui s’ouvre dans un grand fracas. Elle prend son téléphone et tapote rapidement un SMS pour Ludivine :

« Ma Lulu, j’ai pas trouvé mes clefs

La porte est ouverte mais spô grave y’a l’interphone !!!

J’suis pressée. XoXoXo !! »

 

Elle descend Cours Sextius, l’appartement est situé juste à côté du Subway.

Devant Le Novo, elle croise Albain qui réceptionne les denrées du jour :

— Hey, salut Karine ! Alors encore à la bourre !!

« Salut Albain, on s’voit d’taleur ! », crie-t-elle au milieu du boucan de la circulation.

 

Comme d’habitude, les voitures s’entassent et slaloment entre camions et voitures garés en double-file.

En 10 petites minutes, elle arrive sur la place Jeanne d’Arc, passe devant La Rotonde puis s’engage Cours Mirabeau. D’un pas pressé elle arrive enfin … 10h53 Karine est légèrement en retard. Elle doit être présente 10 minutes avant sa prise de service et finalement, ce n’est jamais le cas …

 

*

 

Cyrille, son responsable, est en train de faire son speech de début de journée. Il indique aux serveurs les points d’améliorations et passe les consignes de la direction. En clair, un moment à ne louper sous aucun prétexte.

 

Karine rentre dans le restau et, volubile, lâche :

— Salut tout l’monde, comment ça va avec ce super soleil !

Agacé, Cyrille l’invite à les rejoindre et c’est depuis le début, le regard sombre, qu’il reprend son speech.

A la fin de son discours de mise au point, il convie Karine à le rejoindre dans son bureau.

— Tu peux pas arriver, sans cesse, en retard !

— J’étais pas en retard là, d’hab’ tu commences à l’heure pile.

— Oui mais là on attend du monde et t’es même pas en tenue, putain Karine !!!

— Mais j’peux pas m’y mettre, la chemise et trop petite, elle me moule trop …

La coupant, troublé, Cyrille montre celle qu’elle porte : « Parce que elle te moule pas elle ! ».

— Si, mais euh … moins que celle du boulot.

— Je m’en fous, j’peux pas te couvrir pour tout, si le patron vient il va me descendre.

Karine baisse la tête, gênée. Elle sait que si elle a toujours son boulot, c’est surtout grâce à Cyrille qui lui passe ses retards réguliers. Sans lui, clairement, elle n’aurait plus de boulot depuis longtemps.

— Alors tu vas mettre ta putain de chemise et basta !

— D’accord, mais j’vais pas pouvoir la boutonner jusqu’en haut.

— Tant pis ! Va te changer tu as 5 minutes.

 

Karine sort du bureau et monte au vestiaire passer sa tenue, enfin sa chemise …

 

Elle redescend 5 minutes après, sa chemise rouge moulant ostensiblement sa poitrine.

Elle saute devant Cyrille les bras en croix :

— Tadaaaam ! Et voilà, j’suis passée en mode Salope, ça te plait !

— C’est ta tenue, fais avec, et sois souriante !

— Merci m’sieur, vous êtes bien brave.

Cyrille lui indique le rang qu’elle aura à gérer et dans un sourire coquin il lui dit :

— Tu vas avoir un max de pourboire aujourd’hui !

— Mais j’espère bien m’sieur le responsable.

 

Revenant sur ses pas, Cyrille ajoute :

— Ah oui, j’oubliais ! Ce soir tu as une table de quinze, c’est un anniversaire ou un départ en retraite …

— Cool, merci du cadeau !

— Et les musicos aussi.

— De mieux en mieux, c’est bon, y’a pas un car de touristes Chinois de prévu, non ?

— Te plains pas, à qui veux-tu que je donne ces tables ?!

 

Depuis 3 semaines, Karine est la plus ancienne des serveuses, les autres n’ont aucune expérience, du coup, forcément, Cyrille ne peut pas faire autrement que de donner les grosses tablées à Karine. Et au final, tant mieux, comme ça notre belle petite a de plus gros pourboires …

 

— D’ailleurs, pourquoi y’a des musiciens, y’a un truc de prévu ?

Surpris, Cyrille la taquine d’un air narquois : « C’est la fête de la musique aujourd’hui, et oui, le principe est bizarre j’te comprends, mais l’idée c’est qu’aujourd’hui la musique sort dans les rues ! »

— Ah merde … c’est aujourd’hui, Lulu voulait que j’l’accompagne au Mistral.

— Ben ce sera pour l’année prochaine, là, tu bosses !

— Gna gna gna …

 

La journée se passe, le premier service est terminé. Cyrille et Karine en profitent pour siroter un p’tit cocktail sans alcool sur la terrasse.

— C’est d’la merde sk’ils nous jouent eux, j’connais qu’eu dalle !

— C’est pas d’ton époque, c’est tout … c’est sûr qu’on est loin de Rihanna et compagnie !

— P’têt, enfin avoue que c’est plus entraînant que cette merde.

 

Karine retourne à l’intérieur et redresse ses tables. Elle prépare la grande table ronde pour les quinze personnes de ce soir. Puis elle nettoie le bordel laissé par les musiciens.

Ils sont sympas mais franchement un peu lourds avec leurs insinuations graveleuses …

 

*

 

La journée se termine, Karine est épuisée par la chaleur ambiante. Elle appréhende un peu ce groupe de quinze personnes, c’est la première fois qu’elle doit s’occuper d’une si grande tablée avec cette tenue …

Sa chemise moulante laisse entrevoir dans un décolleté très … provocateur sa poitrine toute fière, outrageusement dressée. Mais bon, franchement, bien que peu confortable pour un service, elle lui permet de très bons pourboires. C’est la première fois qu’en un service, elle arrive à atteindre les 30 euros.

 

Le service du soir poursuit son cours. Il est 21 heures, Karine est dans le jus, elle court de table en table, sert et dessert tables après tables, apporte l’addition, le menu … La fatigue la gagne quand arrive les quinze clients : des personnes âgées tirées à quatre épingles.

Pas le temps de prendre un p’tit moment pour elle, Karine se précipite vers eux …

Si elle a appris quelque chose depuis qu’elle travaille ici, c’est bien qu’un client choyé est un client content. Et plus il est content, plus le pourboire est gros.

 

C’est dans un petit sourire timide qu’elle les accueille :

— Bonsoir Messieurs, bienvenue, suivez-moi je vous prie.

Suivie des quinze bonshommes, elle les installe à leur table.

— Souhaitez-vous un apéritif avant de commencer ?

Ils la regardent ou plutôt la reluquent puis acquiescent et passent commande.

 

De suite, elle attire le regard du vieux Jeannot, un homme aux cheveux poivre et sel, de belle prestance. Assez grand, environ 1 m 75, la soixantaine passée. Autant dire que Karine ne l’a même pas remarqué, d’autant, que ce n’est pas lui qui parle le plus …

Jean-Michel, à l’inverse, est beaucoup plus extraverti et n’est pas avare de compliments très agréables et doux à entendre. Karine en rougit presque. Jean-Mich’, comme l’appelle les autres, est un homme plus petit, plus trapu et très … charmant. Ces propos sont doux et tous ponctués d’un « Mademoiselle ». Karine apprécie cette gentillesse qui dénote du reste de la tablée.

Elle lui esquisse un sourire en guise de remerciement mais sans s’attarder elle court préparer les apéritifs. Martini pour les quinze, ça va, ce n’est pas compliqué à préparer …

 

Durant son absence, les propos des vieux hommes ne tarissent pas d’éloges sur le physique de cette jeune serveuse impétueuse.

Etienne, un homme bien en chair, décide de jouer avec mais le vieux Jeannot lui indique qu’il aimerait s’en occuper. Son flegme et sa prestance font le reste, Etienne laisse sa place et se retire :

— Comme tu veux Jeannot, je m’incline.

Jean-Mich’ prend la parole et s’adresse à Jeannot et Etienne : « Messieurs, soyez gentleman, cette petite est mignonne ! »

Ce qui ne manqua pas de déclencher le regard sévère et sombre du vieux Jeannot.

— Je, je … je ne dis pas ça méchamment Jeannot, juste elle est mimi cette demoiselle.

— Oui, justement, je suis sûr qu’une belle petite salope sommeille en elle !

— D’accord Jeannot, je te prie d’accepter mes excuses.

— Pas de soucis, mais tu as raison !

Reprenant la parole à son compte Jeannot ordonne :

— Personne ne lui manquera de respect, c’est compris !?

 

Les 14 sexagénaires acquiescent d’une seule voix, soumis ou intimidés par ce vieux Jeannot.

Dès lors, plus aucun n’osera jeter un regard sur Karine.

Le vieux Jeannot dégage une aura qui force l’admiration. Charmant charmeur que voici !

 

Le repas se termine, Karine a apporté l’addition que Jeannot s’empresse de prendre en main. Il se lève et suit la belle jusqu’au comptoir.

Tout en réglant l’addition, il lui dit :

— Excusez-moi mais je crois deviner que vous êtes étudiante ?

— Euh oui, je bosse ici pour payer mes frais justement. J’espère que vous êtes satisfait du service ?

— Oui, parfait. Juste, une question … Vous seriez intéressée par la photo ?

Interloquée par cette question incongrue Kmille réplique : « Comment ça ? »

— Et bien je suis photographe pour le plaisir et permettez-moi ce propos : J’adorerai capturer votre personne.

— Ah oui !

— Oui, et bien sûr vous seriez rémunérée.

— Euh … et bien je ne sais pas, vous me prenez sur le vif là, j’sais pas …

Amusé par cette réaction, le vieux Jeannot renchéri :

— Acceptez, vous n’avez rien à perdre et puis peut-être que cette expérience vous donnera d’autres ambitions !

— Franchement j’sais pas …

— Vous terminez à quelle heure ?

Sans réfléchir Karine répond machinalement.

— Je suis de fermeture aujourd’hui, donc minuit ou plus tard …

Ne la laissant pas terminer, il la coupe, sûr de lui.

— Très bien, je vous attendrai à minuit ! On en parlera un peu plus autour d’un verre et vous aviserez à ce moment-là.

Sans lui laisser le temps de répondre il s’éloigne du comptoir :

— A tout à l’heure Karine !

 

Karine ne comprend pas ce qui vient de se passer. Elle reste là, un moment, les yeux ronds de surprise. Mais pas le temps d’analyser plus, elle a du boulot …

 

*

 

Le restaurant ferme ses portes, tout le monde est parti. Il ne reste plus que Cyrille et notre petite Karine qui s’affaire autour des tables.

« T’en as encore pour longtemps ? », demande Cyrille.

— Ben viens m’aider si j’vais pas assez vite !!

 

Karine s’entend bien avec Cyrille, et quand ils ne sont plus que tous les deux, ce sont deux bons amis.

 

— Termine, tu veux que je compte tes pourboires ?

— Ouais steuplait, et me pique rien !!!

 

Enfin changée, Karine embrasse Cyrille, contente d’avoir gagné autant de pourboires : près de 70 euros ! Elle est toute guillerette.

— Ben tu vois, tu gueulais ce matin d’avoir autant de clients, tu peux me remercier !

— Euh oui merci !!

 

Elle ne peut s’empêcher d’afficher un p’tit sourire en pensant : « S’il faut s’habiller comme une salope pour faire autant de pourboires, la semaine prochaine j’en ferai autant ! »

 

— Allez, j’y vais, t’en as encore pour longtemps ?

— Non, je termine, allez file coquine …

Karine sort du restaurant puis se bloque devant la porte : « Merde, j’suis à pied ! ».

A peine a-t-elle le temps de finir sa remarque ou de retourner demander à Cyrille de la raccompagner que le vieux Jeannot sort de sa voiture.

C’est d’une Audi noire toute neuve qu’il vient à sa rencontre …

— Vous êtes ponctuelle Mademoiselle. Alors, on y va, il y a un café ouvert pas très loin.

— Euh, ah oui, euh … et bien pourquoi pas.

Un peu hésitante, surprise de le voir là, elle se demande s’il l’avait attendue toute la soirée ou s’il était revenu …

 

*

 

Ils traversent la place Forbin et se dirigent vers le seul café encore ouvert à cette heure tardive. Un petit café à la devanture sombre qui ne paie, clairement, pas de mine. Ils prennent une petite table juste à côté du comptoir. Le café est presque vide, seuls deux « piliers de comptoir » restent-là, à refaire le monde …

— Que prenez-vous ma p’tite dame !?

— Euh … un demi-frais s’il vous plait.

— Et vous m’sieur ?

Le serveur lance à Jeannot un regard désapprobateur voulant dire : « Qu’es-tu fais avec cette p’tite, vieux pervers !!! »

Sans lui prêter la moindre attention, Jeannot lui répond avec mépris : « Un café, merci ! ».

 

Le vieux Jeannot enchaîne rapidement et reparle à Karine de sa proposition. Il n’aime pas perdre de temps et après tout, il n’est pas là pour simplement boire un café. Ce kawa est juste imbuvable, il serait bien meilleur chez lui …

— Alors Karine, tu as eu le temps de réfléchir à ma proposition, tu y as pensé ?

— Euh … excusez-moi ! Vous connaissez mon prénom ?

— Il était indiqué sur ton badge, je suis observateur !!

— Ah oui, j’suis conne … ! Mais, vous savez que je suis étudiante et moi … moi je ne sais rien de vous.

— Et bien j’ai 63 ans, jeune retraité et je me passionne, depuis quelques années, pour la photographie et j’adorerai te prendre en photo.

— Euh … vous m’aviez parlé de rémunération …

— Oui, pour faire simple Karine, j’ai vraiment envie que tu deviennes mon modèle photo et puisque tu es étudiante, pourquoi ne pas te payer en contrepartie.

— Mais je ne suis pas modèle, j’ai jamais fait ça …

— Justement, c’est d’autant plus agréable ! Tu gagnes combien en tant que serveuse ?

Gênée par cette question, Karine hésite un instant puis finit par répondre :

— Et bien ça dépends … euh … environ 800 euros avec les pourboires.

— Très bien, moi, je te propose de gagner, par séance, entre 50 et 125 euros selon le type de photos.

— Comment ça ?

— Karine, c’est simple, plus les photos sont softs, moins je te rémunère.

— Et donc plus je suis à poil plus vous me payez ?

— On peut dire ça comme ça, en effet !

— Je vois …

Jeannot ne la laisse pas terminer ces mots, il sait comment se termine ce genre de phrase …

— Écoute, plutôt que de parler pendant des heures et de risquer perdre notre temps, je t’invite à venir voir par toi-même.

— …

— Si tu as 30 minutes viens avec moi, je te montre !

— Euh … j’sais pas trop …

Sans la laisser réfléchir plus longtemps il se lève et sort de sa poche une liasse de billets. Il en extrait un de 20 euros qu’il jette sur la table puis tend la main à Karine.

Dubitative elle hésite un instant, prend sa main et se lève à son tour …

 

*

 

L’Audi noire se faufile dans les rues et ruelles d’Aix-en-Provence puis s’engage sur le boulevard Ferdinand de Lesseps.

— Où sommes-nous ?

— Ne t’inquiète pas, je vais te montrer mon petit studio où je te prendrai … en photo !

— …

— C’est un peu austère j’avoue.

Karine ne répond pas pendant que l’Audi s’immobilise sur une place. Le vieux Jeannot descend et tel un gentleman contourne le véhicule par l’arrière et ouvre la porte à la jeune femme.

— Si vous voulez bien me suivre.

Amusée, elle descend dans un grand sourire …

 

Jeannot fouille dans sa poche et en sort une télécommande qu’il actionne. La porte d’un garage s’illumine de la lueur d’un néon puis s’entrouvre.  Il l’invite à le suivre.

— Voilà, nous y sommes …

 

Là depuis 10 minutes, Karine scrute l’intérieur de ce garage des … sévices.

Un grand lit impose sa silhouette, des commodes situées ici et là se détachent des murs tapissés d’une sorte de mousse noire aux motifs géométriques. Des mousquetons et des chaînes pendent au plafond reflétant les lueurs de la lumière tamisée.

 

Elle se prend à trouver du charme à ce lieu, puis … finit par se retourner vers le vieux Jeannot qui l’observe en silence.

— C’est donc là que tout se passera ?

— Pour le moment oui, en partie.

— Pour le moment ?

— Oui, sans rentrer dans les détails, je suis en train de déménager les lieux.

— Plus proche de chez vous j’imagine ?

— Exactement !

— D’accord … mais euh … c’est euh …

— Oui, c’est un peu déroutant je l’admets.

— Plus qu’un peu en fait !

— Tu as des questions, des commentaires ?

Un peu gênée par tout ce qu’elle voit, Karine sent l’atmosphère pesante :

— En fait non … on peut partir maintenant ?

— Bien sûr, il n’y a pas de soucis, je te ramène chez toi.

 

Karine sort, suivie de près par le vieux Jeannot.

— Vous ne voulez prendre … que des photos ?

— Tu en penses quoi Karine ?

— Euh … j’sais pas trop …

— Tu accepterais ?

— Oui, euh … peut-être, j’sais pas … j’dois réfléchir …

 

L’habitacle de la voiture alterne entre pénombre et lueurs vives des lampadaires. Karine regarde au loin, son esprit tourmenté par cette proposition indécente.

Ils arrivent enfin Cours Sextius, devant l’appartement de Karine. Le GPS de Jeannot a encore parfaitement rempli son rôle.

— Tiens, prends ma carte et appelle-moi sans faute.

— Merci, oui je n’y manquerai pas.

— Et si tu as des questions, surtout n’hésite pas, d’accord !?

— Oui … euh, merci de m’avoir ramenée chez moi.

 

Karine s’éloigne de la voiture, lance un petit « coucou » à Jeannot puis s’engouffre dans l’entrée.

Dans l’escalier, cette proposition ne la quitte pas. Cette nuit, elle fermera les yeux en y repensant encore et encore …

***

Au sujet de l'autrice

Kmille

Présente sur internet depuis 4 ans grâce à ce blog, j’ai ressenti à 33 ans le besoin de me mettre en danger en me lançant le défi d’écrire plus régulièrement. En complément de mes tests de sextoys ou de tenues et mes conseils sexo, l’évidence de proposer moult histoires érotiques, de récits coquins ou de créer un roman pervers s’est imposée à moi. Le partager avec vous constitue une grande partie du plaisir que j’ai à le produire.

4 commentaires

  1. C’est pas mal. Pas mal du tout. C’est même assez réaliste. Je crois qu’il y a vraiment du vécu là-dedans. Je crois que tu nous fais un « 50 nuances de Grey » à la française… Ou devrais-je dire, à la Kmille !
    Héhéhé ^^ Et bonne idée de laisser le chapitre en suspend. Comme ça, tu crées une tension parmi les lecteurs, ce qui les ammènera à se poser des questions et vouloir lire la suite pour satisfaire leur curiosité.
    Ça c’est un bon point. Après, je ne vais pas jouer les critiques littéraires jusqu’au bout du fait que j’écris des livres. Car après tout, je pense que cela restera uniquement sur ton blog. Donc pas besoin que je te donne d’autre avis ou conseil pour améliorer ce que tu vas écrire.
    Ce qui compte, c’est que tu nous fasses passer un agréable moment de lecture…érotique ! 😉

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  2. Vivement la suite 😉

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  3. Très bon début et excellente idée que cette série !

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  4. Une histoire charmante qui commence plutôt bien 🙂

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