Chapitre 5 : Marquis ! publié le 14 novembre 2017

Aux services du vieux pervers - Marquis !

 

***

Karine sort de la rue du 11 novembre et s'engage sur le Cours Sextius, il est midi et son estomac fait des siennes. Depuis hier soir elle a le ventre vide. Un petit tour chez Le Novo s'impose. Elle marche lentement, le vieux Jeannot lui a imposé Gertrude, la ceinture de chasteté. Karine doit la subir encore 5 jours. Ça fait maintenant 2 semaines qu'elle la porte suite à une bêtise comme elle aime à dire. Ludivine et Jeannot en ont la clef et c'est Ludivine qui, tous les soirs, lui retire pour la douche et lui remet juste après. Elle ne peut assouvir ses besoins quotidiens qu'en présence de Ludivine et seulement si celle-ci le lui autorise. C’est un brin humiliant mais Karine en éprouve une légère excitation …

 

Tout l'été Karine a obéit au vieux Jeannot et à Ludivine, pas une erreur, par une incartade. Elle a été parfaite, une soumise idéale selon les dires du vieux Jeannot.

Malheureusement, en ce vendredi 28 Août, elle aurait pu montrer au vieux Jeannot qu’elle était capable de lui faire honneur, mais elle commit cette erreur fatidique … C’est Jean Mich', un vieil ami de celui-ci, qui en fit les frais et c’est Etienne, le pendant de Jeannot en bien moins charismatique, qui intervint pour éviter le pire.

Déçu par son comportement, le vieux Jeannot lui a montré qu’il pouvait faire preuve d’imagination en matière de punition. Il l’attacha au mur du local des sévices …

 

Ah oui, je dois vous expliquer cela.

Jeannot, pour plus de commodité a fait construire une annexe dans sa propriété, juste à côté de sa maison provençale. Le garage des … sévices a déménagé dans cette annexe que Karine appelle : « local des … sévices ». Et vous vous en doutez, c’est Ludivine et notre petite soumise préférée qui se sont occupées du déménagement, non sans mal … mais ceci est une autre histoire … revenons, à présent à cette punition.

 

Il l’enchaîna, donc, tous le samedi, au mur du local des … sévices.

Karine était nourrit dans une gamelle à chien, reliée à la paroi par un collier de cuir rouge. A genoux, elle se nourrissait comme une bonne petite chienne et pour boire et bien, elle devait téter une paille de métal sortant du mur. Enfin, pour assouvir ses besoins, elle devait se contenter d’un vieux seau en métal cabossé…

Elle était dans un vrai trou pour soumise si … insoumise et malgré l’intervention de Ludivine rien ne changea la sentence. Elle avait déçu le vieux Jeannot et pour ça, elle devait être punie comme il se doit. Ce trou à rat n’était que son juste châtiment …

 

A la sortie de cette pièce sombre, Jeannot lui installa Gertrude et tous les jours depuis, Karine est affublée de cette ceinture de chasteté comportant, logé dans son séant, un plug de 12 centimètres de long et de 5 centimètres de large.

Insulté par cet affront, c’est un Jeannot furieux qui s’exprima : « Ça te fera passer l'envie d’agir de la sorte !

— Je suis désolée Monsieur, s'il vous plaît ! »

 

C'est la première fois depuis le mois de Juin qu'elle voyait le vieux Jeannot dans cet état. Pourtant Ludivine l'avait prévenue :

— Ce soir nous allons être les servantes de Jeannot.

— Ça va, t'inquiète je sais faire la serveuse !

— Non ma Cagole, ce soir il ne s'agira pas uniquement de faire la serveuse.

— Ah bon, comment ça ?

— Et bien ce soir Jeannot nous présente à ces amis, il a confiance en nous …

— Hein, quoi ? Comment ça ?

— Laisse-moi finir bordel !

— Pardons ma Lulu.

— Donc ce soir il va nous présenter comme ses deux soumises. Tous les convives pourront s'occuper de nous et en tant que soumise de Jeannot, on devra lui faire honneur.

— En gros ce soir on est ses putes !!!

— Mais non, t'es con ma Cagole, pfff.

— Bah quoi, moi si j'ai pas envie y'a pas moyen !

— Ben tu seras puni et tu n'aimeras pas ça, je t'assure.

— J’vais pas me laisser peloter comme ça, j'suis pas une salope !

— On verra …

 

*

 

Le soir venu, Ludivine et Karine sonne à l'interphone de Jeannot, le portail s'ouvre sur la longue allée bordée de cyprès. La mini Cooper de Ludivine s'y engage et se gare à l'abri des regards.

Elles rentrent par l'arrière de la maison et trouvent dans le vestibule deux robes Steampunk taillées sur mesure. Les robes sont superbes, présentées sur deux bustes en bois d'ébène disposés sous des spots . Chacune est composée d'un bustier noir zippé à l'avant et lacé à l'arrière afin de l'ajuster au plus serré. Des crochets en acier, légèrement cupriques, ornent le côté du bustier laissant pendre quelques chaînes du même métal. Fait de cuir et recouvert de brocart, ce bustier est vraiment beau. La robe très … courte sur l'avant recouvre l’arrière d'une longue traîne. De couleur cuivrée, elle parfait le bustier. Sur le sol, à côté des torses de bois, trône une paire de bottines Louboutin « Miss Tennis ».

— Oh putain, c'est trop beau !

— Chuuuut ma Cagole, tiens, celle-ci c'est la tienne.

— Oh merci merci !

 

Karine est hyper excitée à la vue de ces robes, elle en pleure. Jamais elle n'aurait imaginé porter, un jour, une telle tenue.

— Pleure pas ma Cagole, t'es con …

— Non, mais … « snif » … c'est juste que … « snif » … que … elles sont trop belles.

— Oui, elles sont belles, allez, plies tes fringues et range-les dans cette boite, là.

— C'est vraiment … « snif » … trop …

— Arrête de jacasser et enlève tes dessous !

— Quoi, mais euh …

— Tu vois des dessous à côté des robes !?

— Ben non.

— Ben voilà, retire-les, si Jeannot voulait que tu en portes il y en aurait !

 

Le corset en place, Ludivine sert les lacets et l’ajuste à la taille de Karine.

— Arrête, tu serres trop là !

— C'est le but, c'est comme ça qu'il faut le porter.

— Mais … j'vais plus pouvoir respirer après !

— Tu t'y habitueras, laisse-toi faire et tu feras la même chose sur moi, ok !?

 

Le 95C de Karine offre un galbe provocateur et aguicheur. Le corset est prêt à exploser, Ludivine présente une poitrine plus petite mais tellement fière.

Les filles sont superbes …

— Allez, suis-moi ma Cagole, et surtout fais comme moi.

— Ok ma Lulu

 

Elles s'engagent dans le long couloir menant à la cuisine. Karine suit Ludivine d'un pas hésitant.

Dans la cuisine, Jeannot apparaît les bras chargés de boites isothermes.

— Allez chercher les autres boites dans la voiture, le traiteur vous y attend.

 

Dehors, le traiteur attend devant le coffre de son Kangoo.

Étonné par leurs tenues il les salue : « Bonjour Mesdames, c'est une soirée déguisée !? »

Ludivine lui répond sèchement : « Bonjour, oui ! Il y a d'autres boites à prendre ?

— Oui il en reste deux. »

 

Karine, fière de porter cette robe, s'approche et prend la boite tendue par le traiteur sans prêter attention à son regard insistant et interrogateur.

En prenant la dernière boite Ludivine, reprend la parole :

— Merci, il y a un bon à signer ?

— Non, Monsieur Lemaire s’en est occupé.

— Bonne soirée alors !

— Bonsoir mesdemoiselles.

 

Elles repartent dans la cuisine et pose les boites sur le sol. Le vieux Jeannot est en train de sortir les plats des isothermes :

— Vous êtes superbes, ces robes vous vont à ravir.

— Merci Monsieur.

— Merci mon Jeannot.

 

En s'adressant à Karine il dit :

— Ce soir je reçois mes amis, j'attends de toi une conduite irréprochable.

— Oui Monsieur.

— Tu es prête maintenant, donc il ne devrait pas y avoir de soucis, Ludivine t'a expliqué ?

— Oui Monsieur.

— Bien, parfait, va dans le salon et dresse la table.

— Bien Monsieur.

— Ma Pitchoune, occupe-toi des plats !

— Oui mon Jeannot.

 

Karine sort de la cuisine et commence à dresser les couverts, le service est déjà là, l’attendant en bout de table …

 

*

 

La table dressée, Karine est rejointe par Ludivine qui lui indique d’un hochement de tête de la suivre jusqu’à l’entrée. Là, elles s’installent au garde-à-vous et attendent le vieux Jeannot parti s’habiller pour la soirée.

 

Vers 20h30 le vieux Jeannot redescend, habillé d’un très beau smoking droit de chez Armani.
Sa coupe droite est parfaitement ajustée et le revers de la veste est en satin.
Combiné avec la prestance de Jeannot, il n’en faut pas plus pour faire briller à nouveau les yeux de la belle Karine.
A voix basse, elle s’adresse à Ludivine :

— Mais c’est quoi cette soirée !?

— Chuuuut !

 

Le vieux pervers s’approche d’elles, réajuste leurs tenues et vérifie que tout est parfait.

Fier et rassuré, il déclare : « Vous êtes parfaites, ils ne devraient plus tarder ! »

— Merci mon Jeannot

Timidement Karine s’adresse à Jeannot les yeux baissés. « Merci Monsieur. »

— Regarde-moi quand tu t’adresses à moi !

— Pardon Monsieur, merci, Monsieur.

— C’est mieux, tu es très belle, soit fière !

— Oui, Monsieur.

— Bien, vous allez rester là et vous vous occuperez d’accueillir les convives, je ne veux pas de fausses notes, c’est compris ?

Les deux jeunes femmes répondent à l’unisson : « Oui Monsieur ».

 

Vers 20h45 les convives commencent à arriver. Jean-Michel est le premier, Karine le reconnaît, il était au restaurant lorsqu’elle a rencontré le vieux Jeannot. Lui aussi a belle allure avec son smoking, sa prestance ne trahit pas son âge et Ludivine l’accueille avec un large sourire :

— Monsieur vous attend dans le salon, suivez-moi.

 

Elle l’invite à la suivre du bras avec une belle révérence. Jean-Michel la suit sans prêter la moindre attention à Karine. Seule dans l’entrée, Karine accueille Etienne, venu accompagné d’une belle jeune femme outrageusement maquillée et habillée d’une longue robe de soirée rouge pailletée. Karine singe Ludivine :

— Bonjour, Monsieur vous attend dans le salon, suivez-moi.

 

Ils suivent Karine et croise dans le couloir la belle Ludivine, Etienne se retourne sur elle et chuchote quelques mots à sa compagne qui sourit. Arrivés dans le salon, Jeannot est en train de s’installer sur le canapé, à côté de Jean Michel.

Karine se souvient des cours durement donnés par le vieil homme et grâce au trombinoscope de Ludivine, elle annonce :

— Monsieur Etienne et sa compagne.

 

Après une révérence, elle quitte le salon et se dirige à nouveau vers l’entrée.

A côté de Ludivine elle lui dit :

— On sert à rien nous !

— T’inquiète ma Cagole, Jeannot est ravie de nous présenter à ses amis

— De nous présenter ?

— Oui, ce soir il va montrer aux autres que c’est un bon dominant.

— Ah oui ?

— Oui, par contre ma Cagole soit obéissante, peu importe ce qu’on te demande …

— T’inquiète !

— Oh si, je m’inquiète … je m’inquiète pour toi  !

 

Les convives se suivent et le balai de Ludivine et de Karine se prolonge. Tout le monde prend place dans le salon qui s’emplit peu à peu …

 

*

 

Ludivine et Karine s’appliquent à servir les convives. Un plateau en argent à la main, elles circulent au milieu de la foule, slalomant au milieu d’elle au gré des claquements de doigts. Un verre se vide, elles doivent être là pour en proposer un autre.  Karine est à l’aise, elle valse, le plateau collé à la main. Une vrille suivie d’un pas chaloupé et elle évite Etienne qui recule sans la remarquer.

Jeannot prend la parole et annonce l’heure du repas. D’un seul homme, ils se dirigent tous à leurs places. Des petites pancartes indiquent à chaque convive où ils se trouvent sur cette grande table immaculée.

Le vieux Jeannot prend place en bout de table, c’est l’hôte de la soirée, l’homme le plus important. Ce soir doit être parfait !

Dans la cuisine, Ludivine et Karine s’affairent à dresser les plats quand Karine interroge Ludivine :

— Pourquoi tu penses que je ne suis pas prête ma Lulu ?

— Car tu ne l’es pas !

— Jeannot pense que si.

— Et ben il se trompe … crois-moi !

— Ben non !

 

Ludivine pose le plat qu’elle s’apprêtait à emporter et sèchement, elle s’adresse à Karine :

— Si ma Cagole, car tu ne connais pas les us et coutumes de ce milieu !

— Pourquoi dis-tu ça.

— Ce soir Jeannot veut prouver aux autres qu’il t’a bien « éduquée »

— Ah, et bien c’est le cas, je suppose !?

— Ce soir ma Cagole, Jeannot veut peut-être te voir avec un autre, peut-être Jean-Mich’ !

— Hein ?

— C’est comme ça ma Cagole, Jeannot ne se rend pas compte …

— Comment ça ?

— Rien, laisse tomber.

— Mais non, explique moi …

 

Ludivine reprend son plat et quitte la cuisine laissant là la belle Karine, perplexe et songeuse …

 

La soirée se poursuit, la compagne d’Etienne s’encanaille sur le canapé avec deux jeunes hommes tandis que Jeannot parle avec lui, un peu à l’écart :

— Alors ta soumise, Karine c’est ça ?

— Oui, elle est parfaite, obéissante et quel corps !

— Elle ressemble à Cécile.

 

Cécile était la première soumise du vieux Jeannot, celle avec qui il avait franchi la ligne rouge, mais celle qui avait su lui faire découvrir ce milieu. A l’époque il était en couple, avait deux beaux enfants mais à cause d’elle, à cause de Cécile, sa femme l’avait quitté et depuis il ne les avait pas revus. De temps en temps, il avait des nouvelles de ses enfants partis vivre au Canada. Mais Cécile lui avait apporté tellement de joies, tellement de bonheurs et tout un univers. Elle était parfaite, il … il l’aimait.

 

— Oui, je sais.

— Tu as des nouvelles ?

— Non, tu es fou, je lui ai versé une dote et je l’ai oubliée !

— Mon cul oui, regarde là, elle lui ressemble tellement.

 

Karine sent les regards des vieux se poser sur elle, elle s’approche de Jeannot en baissant le regard :

— Monsieur a besoin de quelque chose ?

— Oui, présente-toi, tourne sur toi-même

— Bien Monsieur.

 

Elle s’exécute et d’un mouvement gracieux et timide elle tourne sur elle-même. Sa longue traîne virevolte. Puis elle s’arrête à nouveau face à eux, fière de sa vrille parfaite.

— Voilà ma dernière œuvre !

— Jolie, très jolie. Obéissante !?

— Oui, très, elle est un peu rebelle, mais je crois qu’elle aime être prise en main et peut-être plus encore …

— J’adore les rebelles …

— Je sais Etienne, je sais.

 

Un sourire pervers s’affiche sur le visage des deux vieux. Karine se tient droite, fière d’être là. Le torse gonflé, les fesses cambrées, la tête droite. Son aplomb est excitant et provoquant à la fois.

— Tu sauras surveiller la séance que je lui prépare.

— Avec Jean Mich’ ?

— Oui !

— Mais, tu n’as pas peur que …

— Non, je pense qu’elle est prête !

— D’accord, si tu le dis.

 

Etienne s’adresse à Karine :

— Viens, suis-moi !

 

Ils s’éclipsent sous le regard inquiet de Ludivine qui se jette vers le vieux Jeannot :

— Tu fais quoi là mon Jeannot !

— Chuuuut ma Pitchoune …

— Non, tu peux pas faire ça, elle … elle n’est pas prête !!

— Tu remets mes décisions en doute ?!!

— Non c’est pas ça, mais … mais Karine n’est pas prête, tu ne peux pas faire ça !

— Faire quoi !!!

 

Le regard noir du vieux Jeannot fusille et pétrifie Ludivine sur place. La bouche ouverte, elle ne peut émettre d’autres mots.

Il retourne vers ses convives et Ludivine, bon gré mal gré, retourne à ses tâches …

 

*

 

Etienne ouvre la porte de l’annexe, du local des … sévices qui laisse place à une grande pièce matelassée de noir. Le plafond est recouvert de grilles, d’anneaux et de chaînes. Meublée en style Louis XV, un lit à baldaquin trône au milieu, des commodes savamment disposées renferment différents jouets pervers. Des miroirs placés ici et là permettent d’apprécier la scène sous différents angles. La pièce s’éclaire d’une lumière douce et revêt une lueur légèrement rouge.

— Va te changer, Jeannot a dû te préparer quelques tenues pour l’occasion !

 

Karine s’exécute et s’éclipse dans une petite pièce servant de vestibule.  Un spot éclaire un buste affublé d’une robe de Patrice Catanzaro. En noir laqué, elle est ornée de dentelle sur le bas, le cou et le dos. Une fermeture courant sur l’arrière assure un ajustement très moulant.

Elle se débarrasse de sa robe Steampunk, la passe sur le buste libéré et enfile dans une danse sensuelle cette robe « Jazlyn ». En ce contorsionnant, elle ferme le zip jusqu’à la nuque. Elle est superbe avec cette robe qui épouse les courbes de son corps. Sa poitrine trouve place sans difficulté, sublimée par un décolleté subtil et provoquant à la fois. Clairement Karine est parfaite …

Elle sort de la pièce, et retrouve Etienne en présence de Jean-Michel. Etienne est troublé devant la beauté, le charme et la candeur de notre belle petite soumise.

 

Karine resplendit d’une beauté angélique qui contraste avec sa tenue. Elle devrait paraître dure, autoritaire, et … méchante mais il n’en est rien, Karine reste douce, candide et tellement pure. Peu importe la tenue, elle est magnifique, elle donne envie d’être prise dans ses bras, d’être câlinée.

Etienne, bredouille :

— Tu es … magnifique, tu … tu connais euh … tu connais Jean-Mich’ ?

— Merci, oui, oui je connais Monsieur.

— Non, ne l’appelle pas Monsieur.

 

Surprise par la réponse d’Etienne, Karine s’approche d’un pas hésitant, surtout intriguée de voir Jean-Michel à genoux, la tête baissée. Elle le questionne timidement :

— Qu’attendez-vous de moi Monsieur ?

— Moi rien, et tellement en même temps !

— …

— C’est Jeannot, qui attend beaucoup de toi !

— Ah bon.

— Oui ! Il pense que tu es prête, que tu peux t’occuper du plaisir de Jean-Mich’ ici présent.

— Ah, euh … mais je ne … euh, je ne sais pas … c’est la première fois pour moi.

 

Karine ne sait pas du tout quoi faire, elle regarde Etienne et hésitante, se penche pour prendre la laisse de Jean-Michel.

Timidement, elle empoigne la laisse, et muée par l’envie de plaire à Jeannot, de le rendre fier d’elle, Karine trouve la motivation nécessaire.

D’un coup sec, elle indique à Jean-Michel qu’il est temps de bouger de là, elle le dirige vers le lit d’un pas devenu sûr :

— Monte !

 

Jean-Michel obéit et monte sur le lit tel un chien attentif à la réaction de son maître. La main droite en premier, puis la gauche, doucement et mal assuré, il se redresse et place son genou gauche sur le bord du lit et se hisse …

« Plus vite ! », lui ordonne-t-elle.

 

Elle a changé, la douce Karine se transforme au rythme du temps qui passe. Elle devient ferme, assurée, elle domine la situation et sans perdre cet aplomb, elle s’inspire de toutes les séances partagées avec Jeannot.

— Mets-toi sur le dos et écarte tes bras et jambes !

 

Jean-Michel est émoustillé d’être ainsi malmené par la belle qui malgré ce ton autoritaire, reste douce dans sa façon de paraître. Sa prestance, sa silhouette, tout en elle indique ce qu’elle est. Le paradoxe l’échauffe d’autant plus, ce ton ne va pas avec cette silhouette et ça, et bien ça excite ce chien soumis.

Elle attache les poignets de son soumis à la barre d’écartement fixée par son milieu à la tête du lit. Puis d’un geste dédaigneux, elle écarte ses jambes qu’elle attache par les chevilles à la seconde barre fixée au pied du lit.

Le sexe pendant, Jean-Michel n’a rien d’un Apollon mais ce tableau qui se présente aux yeux de Karine, l’excite. Elle se voit à sa place, obéissant au vieux Jeannot, elle comprend maintenant ce qui excite le vieux pervers. Ce sentiment … avoir aux bouts des doigts, de sa voix, le plaisir d’un homme ou d’une femme, provoque en elle un sentiment de puissance.

— C’est quoi cette bite, je ne t’excite pas petite fiotte !!?

— …

— Réponds quand je te parle !

— Pardon Madame, si, vous me plaisez beaucoup Madame.

— Alors pourquoi tu bandes pas, ça te plait pas !

— Oh si Madame, vous … vous êtes parfaite.

— Alors bande ! Si tu peux encore le faire !

 

Hautaine, elle soulève du bout des doigts le sexe toujours pendouillant de Jean-Michel, puis elle le relâche sur ses bourses avec un sourire arrogant. Elle toise son soumis et tourne autour du lit, d’un pas sûr et lent. Son déhanchement est légèrement exagéré, la tête haute, le torse en avant, Karine n’a plus rien d’une soumise à cet instant. C’est une prédatrice, une prédatrice qui tourne autour de sa proie, prête à l’achever …

 

Sur une commode trône un petit gode martinet, elle le prend, ainsi que le ruban et deux petites pinces. Elle s’approche à nouveau du lit, ses talons raisonnent dans la pièce, tandis que le sexe de Jean-Michel commence à se raidir sous quelques frétillements.

Elle se penche vers son visage et, sans douceur elle soulève sa tête, passe le bandeau autour de ses yeux puis elle continue de tourner autour du lit, elle marque volontairement son pas. Les talons de Karine frappent le sol bétonné de plus en plus fortement, puis elle s’arrête …

 

Du bout des doigts, elle pince le prépuce de cette chose sans grâce, elle soulève un peu le sexe raidit puis du plat de ses ongles, frappe ses bourses, Jean-Michel sursaute et gémit.

— Tu aimes ça souillon ?!

— Oui Madame.

— Alors dis-le ! T’es une fiotte ou quoi !!

— J’suis une fiotte Madame, je suis votre fiotte

— Parfait ça !

 

Sans bouger, toujours le prépuce pincé entre le bout de ses doigts, le sexe raidit, elle tape à nouveau ses bourses.

— Humm oui, c’est bon Madame, encore !

— Encore !?

— Oui Madame, encore s’il vous plait.

 

Elle frappe à nouveau, mais plus fort

— Humm oui

— Oui qui !!!

— Oui Madame, pardon Madame … c’est … c’est bon Madame.

 

Karine relâche cette bite qui reste droite, fière de ce qu’elle subit. Avant de partir elle la gifle puis tourne à nouveau autour du lit, d’un pas lent et appuyé.

Telle une Lionne affamée elle roule des hanches, Etienne est sous le charme, il se surprend à avoir envie de la prendre, là, en levrette, de lui montrer qu’elle est et restera une soumise. Mais il sait qu’il doit résister, Jeannot ne le supporterait pas et il est si … Jeannot impose le respect, donc il résiste à cette pulsion si pressante …

 

Pince après pince, coups de martinet après coups de martinet, elle torture le vieux Jean-Michel qui se contorsionne au bon vouloir des envies de la belle. Les tétons meurtris par les pinces, Jean-Michel gémit. Karine est toujours aussi parfaite, elle ne relâche pas la pression, dominante et douce elle alterne les rôles, tantôt sévère elle frappe d’un coup de lanière les bourses de son dominé et, tantôt douce, du bout des doigts elle caresse ses lèvres. Parfois, elle s’autorise à déposer un léger baiser sur la bouche de cet homme si docile.

 

Elle s’imagine torturer l’esprit de Jeannot, douce imagination que voici …

 

D’un mouvement sur la barre d’écartement qui maintient fermement ses jambes, elle indique à Jean-Michel qu’il est temps de se retourner. Obéissant, il s’exécute aussitôt et c’est en levrette que cette séance de douce torture continue. Le martinet imprime ses marques sur le cul du vieux Jean-Michel. Il aime ça et gémit, se cambre. Son séant ainsi présenté, les jambes légèrement écartées, il invite Karine à le goder sans hésitation.

Elle résiste à la tentation, trop prévisible. Karine préfère fouetter ces fesses outrageusement blanches. Sous les coups elles rougissent, elle aime les voir ainsi empourprées et n’y tenant plus elle gode le vieux bonhomme, enfonce le manche jusqu’à la garde, puis d’un mouvement souple elle le ressort et l’enfonce à nouveau. Le manche s’enfonce sans résistance aucune, trop peu pour Karine, elle scrute alors les alentours, à la recherche de l’Objet qui saura assouvir son désir …

 

Là, sur une commode, elle le voit, un plug énorme et juste à côté une cravache... Parfait !

Elle s’en saisit et revient, le pas chaloupé, vers cet homme asservi à ses envies.

Elle tourne encore et encore autour de ce grand lit, le vieux en levrette écoute ses pas, tendu par le plaisir : « Elle est douée la petite », ce dit-il.

D’un coup, la cravache s’abat sur ses fesses, cinglante, sans vergogne, la marque ne se fait pas attendre, un liseré rouge strie le séant du vieux qui hurle :

Marquis !

Karine abat une nouvelle fois la cravache sur le fessier de cet homme tordu par la douleur : « Marquis ! Marquis ! », hurle-t-il.

 

Etienne est accaparé par Karine, ses pensées sont toutes fixées sur elle, elle est si belle, si … envoûtante, si parfaite. Une soumise comme en rêve tout dominant qui se respecte. Depuis le début de la séance il est en admiration devant la belle et douce Karine …

 

Marquis ! Marquis ! Marquiiiiiiiis !

 

Karine strie encore et encore le cul de Jean-Michel, elle ne sait pas ce que « Marquis » veut dire, elle pense que c’est là, le signe d’un plaisir intense, alors elle fouette de plus en plus fort.

— Marquiiiiis !!!!

 

L’arrière de Jean-Michel tremble sous les coups de Karine, il se tend puis s’esquive sous la cravache.

Etienne réagit enfin et d’une bonne empoigne saisit le poignet de la lionne ainsi lâchée

— Mais t’es cinglée, arrête !

— Quoi !

— Le « Safe Word » putain !!!

— Hein ...

— Le « Safe Word », Marquis !

 

Karine prend conscience que « Marquis » ne signifiait pas que Jean-Michel aimait ça, au contraire, il fallait arrêter. Etienne est rouge de colère :

— Mais t’es conne ou quoi ! On arrête quand on entend le « Safe Word » !

— Mais je … je … je ne le connaissais pas.

— Si, je te l’ai dit au début !

— Non Monsieur, je vous assure que …

— Tais-toi, idiote … je savais que tu ne serais pas à la hauteur !

— Mais … mais vous ne m’avez rien dit Monsieur !

 

Karine est au bord des larmes, elle regarde le vieil homme gisant sur le lit, détaché par Etienne et tordu par la douleur infligée par ses coups. Elle s’écroule à genoux.

— Jeannot va être furieux, t’es trop conne ! Putaiiin

— Monsieur, je vous en prie, vous ne m’aviez rien dit …

— Ferme-là, putain regarde Jean-Mich’ merde !!!!

— Je vous en prie …

 

Les larmes luisantes de ses yeux, s’écoulent à présent sur ses joues, elle ne veut pas être punie. Elle était si parfaite et puis Etienne ne lui avait pas dit le « Safe Word », comment aurait-elle pu le connaître.

— S’il vous plait Monsieur ne dites rien

— Mais tais-toi merde !!!

— Je … je peux être …

 

Prise d’une peur intense de la réaction du vieux Jeannot, Karine essaie d’amadouer Etienne, après tout, elle avait bien vu qu’il n’était pas insensible à ses charmes. Et puis si elle ne fait rien la punition du vieux Jeannot sera atroce, elle le sait, il prendra ça comme un affront. Ludivine l’avait prévenue, que va-t-elle penser d’elle à présent ? Elle se traîne à genoux vers Etienne, empoigne ses cuisses et tout en le suppliant lui propose de faire tout ce dont il a envie …

 

*

 

Jeannot, alerté par Ludivine qui avait entendu des cris dans l’annexe, ouvre la porte dans un grand fracas. Il tombe devant Karine à genoux devant Etienne, d’un regard il voit le vieux Jean-Michel étendu sur le lit, sanglotant. D’un bon, il agrippe Karine par les aisselles, la soulève puis l’emmène dans le cachot, Etienne ne dit mot. La belle articule des mots peu audibles.

— J’aurais dû écouter Ludivine, mais là, Salope, c’est trop !

— Monsieur, je … je peux tout vous expliquer

— Tais-toi, j’avais confiance en toi !

— Mais Monsieur, écoutez-moi s’il vous plait …

— Je veux pas écouter une salope, t’étais là presque à sucer un ami !

— Non Monsieur, laissez-moi vous expliquer

— Ferme là Salope, tu vas voir !!!

 

Il l’attache à un collier gisant sur le sol, attaché au mur de ce cachot. Puis sans y prêter plus d’attention il s’en va et ferme la lourde porte.

Karine est en larmes, à genoux, attachée à ce mur telle une chienne ayant mordu.

A côté, elle entend les cris étouffés de Jeannot, elle entend Etienne se justifiant et racontant probablement n’importe quoi. La panique semble submerger l’endroit. Puis, une douce voix raisonne dans le cachot, à travers la porte.

— Karine, ça va ? Qu’est-ce qui s’est passé ?

 

C’était Ludivine, elle venait voir son amie, essayer de la rassurer mais surtout comprendre ce qui s’est passé. Karine lui explique tout en détail, de sa sortie du vestibule à l’invective d’Etienne. Elle lui explique même le soudoiement pour ne pas être punie par Jeannot.

— Ah ben on peut dire que tu as bien réussi ton coup, là !

— Aide-moi s’il te plait, j’ai rien fait de mal.

— T’inquiète ma Cagole, j’vais te sortir de là, arrête de pleurer.

 

Ludivine s’éclipse et se rend dans la pièce des sévices.

— Mon Jeannot, j’peux te parler ?

— Quoi !

— Viens, faut que je te parle.

 

Jeannot, suit Ludivine dehors, elle lui explique toute la scène dans son ensemble, sans rien oublier ou amoindrir.

— Peu importe, elle a fait une erreur, elle doit être punie

— Pour ce qu’elle a fait oui, mais pas à cause de l’autre là !

— Arrête ! Respecte mes amis !!

— Je le respecte Jeannot, mais là, c’est de sa faute, Karine n’a rien à se reprocher !

— Et le fait qu’elle soit sur le point de le sucer c’est rien ça !!

— Je dis pas ça, ok, punis là pour ça, mais juste ça.

— Laisse-moi réfléchir et va t’occuper de tout ranger !

 

Ludivine, se surprend de son aplomb face au vieux Jeannot, mais elle ne supporte pas de voir sa Cagole, son amie, sa sœur, dans cette situation. Elle n’a rien fait de mal alors elle n’a pas à être traitée comme ça et peu importe ce que pensera Jeannot …

 

Les phares des voitures des convives s’éloignent dans l’allée, puis disparaissent au loin. Les cyprès imposent leur stature dans l’ombre d’une lune intense.

Le silence s’invite dans l’annexe, seuls les sanglots de Karine raisonnent. Seule, abandonnée, elle retrace encore et encore le déroulement de la soirée dans sa tête. Elle cherche sa faute et elle en est sûre, Etienne ne lui a rien dit de ce « Safe Word ».

Le grincement de la porte du cachot sort Karine de sa torpeur, la silhouette de Jeannot se détache dans l’encadrement, Karine lève les yeux sur ce bourreau injuste.

— Monsieur, je n’ai rien fait, j’peux tout vous expliquer.

— Je sais, Ludivine m’a dit. Mais …

— Mais je n’ai rien fait Monsieur, vous le savez, alors s’il vous plait …

— Tais-toi ! Et laisse-moi parler bordel !!!

 

« Bordel ! », Jeannot n’emploie jamais ces mots si … si populaires … elle est surprise et se tait aussitôt, elle le regarde juste, les mains jointes sous le menton, le suppliant de sa bonté, en larmes, sanglotant.

— Je sais qu’Etienne ne t’a pas dit le « Safe Word », il me l’a avoué.

— Oh merci Monsieur, merci

— Mais tais-toi enfin ….

— Pardon Monsieur, pardon.

— Par contre, tu as voulu me tromper, m’abuser

— Non Monsieur, c’est pas vrai !

— Tu n’as pas voulu soudoyer le pauvre Etienne ?!

— Euh … c’est pas ça, c’est pas ce que vous croyez ?

— Ah bon, et bien explique moi jeune fille !

— …

— C’est bien ce que je pensais. Et pour ça tu dois être punie

— Non Monsieur, je vous en prie …

 

Karine essaie de justifier son acte, sa faiblesse, sa peur, ses craintes, mais le vieux Jeannot reste inflexible.

— Tu as tout pour être bien ici. Je reviendrai te chercher demain, si tu es sage.

— Non Monsieur, s’il vous plait, non !!!

— Réfléchis à ton comportement !

 

La porte se referme sur ces mots, les lumières s’éteignent plongeant notre belle jeune femme dans la pénombre d’une lune pleine …

***